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31 Juillet 2007
Marée noire - Conférence de presse du
ministère de l'Environnement à Batroun.Le fuel en partie nettoyé,
début d'une nouvelle phase de travaux
Un an après la marée noire provoquée par
le bombardement israélien sur les réservoirs de la centrale de Jiyeh en
juillet 2006, plus de 60 % des milliers de tonnes de pétrole déversées
dans la mer ont été nettoyées, mais beaucoup reste à faire, en
particulier dans les zones rocheuses. C'est ce qu'a déclaré hier le
ministère de l'Environnement dans une conférence de presse tenue au
Centre d'océanographie de Batroun et rapportée par Salim Yassine de
l'AFP. Cette marée noire, la plus grave jamais survenue dans l'est de la
Méditerranée, a mis en péril les écosystèmes et souillé notamment le
site antique de Byblos, classé au patrimoine de l'humanité.
« 60 à 70 % du pétrole a été nettoyé pendant la première phase de
l'opération, entre août 2006 et mars 2007 », a indiqué le directeur
général du ministère de l'Environnement, Berge Hatjian. Malgré ces
progrès, qui ont permis le démarrage d'une nouvelle saison touristique
sur les plages bondées du Liban, des sites rocheux restent pollués et
des organisations écologiques mettent en garde contre les conséquences à
long terme de la marée noire.
« A l'heure actuelle, la mer est propre, mais 26 sites rocheux sur la
côte qui s'étend de la centrale de Jiyeh jusqu'à l'extrémité nord du
pays sont toujours pollués par des plaques de pétrole», a expliqué M.
Hatjian. En outre, six fonds marins, notamment à Jiyeh et dans la région
de Byblos, à 45 kilomètres au nord de Beyrouth, sont toujours pollués,
a-t-il ajouté.
La deuxième phase du nettoyage a commencé en mai et doit durer jusqu'en
octobre, mais les résultats de ces travaux ne sont pas comptabilisés.
L'Agence américaine pour l'aide au développement international (USAid) a
pris en charge financièrement cette deuxième phase pour les sites au
nord de Beyrouth, et le gouvernement japonais pour la côte au sud de la
capitale, a indiqué M. Hatjian. Mais le littoral devra rester sous
surveillance jusqu'en 2011, a-t-il prévenu.
« Le coût de la dépollution a été estimé à 150 millions de dollars,
alors que celui des dégâts causés à l'environnement ne devrait pas être
inférieur à 167 millions de dollars », a ajouté M. Hatjian. Mais les
défenseurs de l'environnement soulignent que le nettoyage est loin
d'être terminé. Selon la présidente de l'association Byblos Ecologia,
Fifi Kallab, « il y a des zones dans les régions de Byblos et de Amchit,
plus au nord, où le nettoyage n'a pas encore commencé ».
« Aucun état des lieux exhaustif des dégâts n'a été effectué, remarque
l'ONG de défense de l'environnement Green Line. Au contraire, deux
agences de l'ONU ont rendu des conclusions contradictoires, l'une
affirmant que les dégâts sont limités, l'autre présentant la marée noire
comme un désastre sur le long terme. »
Selon l'expert américain Rick Steiner, cité par la presse libanaise, «
les côtes rocheuses entre Byblos et Tripoli, à 90 kilomètres au nord de
Beyrouth, sont toujours très polluées». Cet expert, qui avait participé
au nettoyage d'août 2006, a mis en garde contre « les baignades et la
pêche dans les zones encore polluées».
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